Asie de l’Est et Pacifique - Vue d'ensemble

À l’origine de près des deux cinquièmes de la croissance économique de la planète, la région Asie de l’Est et Pacifique est l’un des principaux moteurs de l’économie mondiale. Elle devrait afficher un taux de croissance de 6,5 % en 2016, soit un léger infléchissement par rapport aux 6,8 % de l’année dernière.

La croissance des économies en développement de la région devrait se tasser, passant de 6,5 % en 2015 à 6,3 % en 2016/2017, principalement sous l’effet d’un ralentissement modéré en Chine. Dans l’ensemble, la croissance des pays membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) se stabilisera à 4,3 % en 2015, avant de monter à 4,9 % en 2017, soutenue de plus en plus fermement par la croissance mondiale et par la demande d’exportations, surtout en provenance des économies à revenu élevé.

L’extrême pauvreté a reculé plus vite dans cette région que dans toute autre, passant de 80 % en 1981 à près de 4 % en 2015. Cependant, en dépit de ces progrès remarquables, quelque 90 millions de personnes restent extrêmement pauvres — et 300 millions d’autres risquent de basculer à nouveau dans l’extrême pauvreté à cause des dérèglements du climat, des catastrophes naturelles, des maladies et des chocs économiques. Dans de nombreux pays, les inégalités économiques sont élevées, bien que les revenus des 40 % les plus pauvres aient augmenté plus rapidement que ceux du reste de la population. Les inégalités de revenus reflètent en partie l’inégalité des chances, notamment les disparités d’accès aux services de santé et à l’éducation.

La région est fortement touchée par deux fléaux dus à la malnutrition : le retard de croissance chez l’enfant et l’obésité. L’Indonésie, le Myanmar, les Philippines et le Viet Nam font partie des 34 pays qui concentrent 90 % de la charge mondiale des retards de croissance parmi les enfants. La Chine et l’Indonésie figurent parmi les 10 pays représentant plus de 50 % de la charge mondiale d’obésité.

Le retard de croissance réduit considérablement les capacités mentales et physiques des enfants, et induisent par conséquent des coûts humains et économiques très élevés. À titre d’exemple, en Indonésie, où 37 % des enfants présentent un retard de croissance, les pertes économiques liées à ce problème pourraient s’élever à environ 2-3 % du PIB.

La région Asie de l’Est et Pacifique compte 13 des 30 pays les plus vulnérables au changement climatique. Elle subit aussi 70 % des catastrophes naturelles qui frappent la planète et qui ont affecté plus de 1,6 milliard de personnes dans la région depuis 2000. Les plus durement touchés sont les îles du Pacifique, où l’élévation du niveau de la mer fait peser une menace sur les zones côtières et les atolls.

La région est par ailleurs la principale émettrice de gaz à effet de serre, avec un tiers des émissions mondiales de dioxyde de carbone et 60 % de la consommation mondiale de charbon. Elle a donc un rôle déterminant à jouer dans la lutte contre le changement climatique à l’échelle mondiale. À cette fin, la Banque mondiale collabore avec les pouvoirs publics, le secteur privé et d’autres partenaires de développement sur un ensemble de solutions innovantes destinées à soutenir des politiques énergétiques plus vertes et plus propres, dont la tarification du carbone.

Dernière mise à jour: 19 sept. 2016

La stratégie régionale de la Banque pour l’Asie de l’Est et le Pacifique se concentre sur cinq priorités :

  • Inclusion et autonomisation ;
  • Emploi et croissance tirée par le secteur privé ;
  • Gouvernance et institutions ;
  • Infrastructures et urbanisation ;
  • Changement climatique et gestion du risque de catastrophe.

La Banque travaille également sur des thèmes transversaux (l’égalité entre les sexes, les situations de fragilité et les conflits) ainsi que sur l’analyse de la pauvreté.

Au cours du dernier exercice (1er juillet 2015-30 juin 2016), la Banque a approuvé une enveloppe de 7,5 milliards de dollars pour la région au titre de 42 projets. Cette aide comprenait 5,2 milliards de dollars de prêts de la BIRD et 2,3 milliards de dollars d’engagements de l’IDA.

Dernière mise à jour: 19 sept. 2016

Infrastructures

Le fonds de lutte contre la pauvreté (a) de la République démocratique populaire lao est le principal projet de développement multisectoriel piloté par la population locale. Plus de 680 000 personnes pauvres vivant en zone rurale, dans quelque 1 400 villages au total, ont bénéficié de ce projet, qui a permis d’augmenter de 36 % le recours aux services de santé, de 11 % l’accès à l’eau potable et de 48 % l’accès à des routes praticables en toute saison.

Énergie

En Chine, un projet d’agriculture écologique (a) a fourni des biodigesteurs à 470 141 foyers, tout en améliorant les cuisines, les toilettes et les abris pour cochons (système « 1+3 ») et, partant, la santé et la qualité de vie des personnes concernées. Le recours au biogaz comme combustible alternatif a permis de faire diminuer la consommation de bois et de charbon, ainsi que le temps de cuisson. La réduction des dépenses en combustible, des délais d’obtention, du temps de préparation et de cuisson, de la quantité d’engrais et de pesticides utilisés a permis en retour d’accroître le revenu de ces ménages. De nouveaux points d’eau ont par ailleurs été installés dans 155 560 foyers, et 1 771 kilomètres de routes de village ont été construits dans le cadre d’un programme de développement communautaire.

Eau et assainissement

Au Viet Nam, le Projet d’assainissement dans les villes côtières (a) a abouti à la mise en place de systèmes d’évacuation et de collecte des eaux usées, de stations d’épuration et d’installations de traitement des déchets solides, et a permis de mener à bien un programme complet de renforcement des capacités dans les villes de Dong Hoi, Quy Nhon et Nha Trang. Aujourd’hui, plus de 800 000 personnes bénéficient d’un service amélioré de gestion des déchets solides, 250 000 habitants ont constaté un recul des inondations à proximité de chez eux, 66 500 élèves disposent d’installations sanitaires améliorées dans leur école et 8 452 familles pauvres ont pu obtenir un financement pour améliorer leurs toilettes. 

Éducation

En Indonésie, à la faveur du projet axé sur une meilleure éducation grâce à un nouveau système de gestion et à l’amélioration de la formation des enseignants (a), 1,7 million d’enseignants ont obtenu un diplôme universitaire sanctionnant quatre années d’études, soit un résultat supérieur à l’objectif initial de 1,4 million. Plus de 210 000 enseignants participent également à des ateliers professionnels pour renforcer leurs compétences pédagogiques. Un système de gestion professionnel des enseignants a également été mis en place. Il vise à garantir que ces derniers continuent de se former et de progresser.

Transports

Le Projet d’infrastructure dans les villes moyennes de la province du Liaoning (a) a permis d’améliorer l’infrastructure de transport urbaine en Chine en renforçant la mobilité, l’accessibilité et la sécurité de 43 routes nouvellement construites ou rénovées. Le pourcentage des routes en bon état est passé de 60 à 89 %, réduisant ainsi les temps de trajet. Ce projet a également abouti à la construction de 20 voies réservées en priorité aux autobus, de 11 dépôts et de 196 arrêts d’autobus et abribus, ainsi qu’à l’installation de 824 dispositifs de suivi du trafic.

Emploi

Aux îles Salomon, le Projet d’accès rapide à l’emploi (a) a permis de fournir un emploi à plus de 12 000 jeunes issus de communautés vulnérables, de produire plus de 664 000 jours travaillés, de créer des emplois à court terme pour plus de 12 000 personnes, de mener à bien 34 projets d’infrastructures construites par les jeunes Salomonais et de soutenir plus de 1 200 autres projets communautaires, aussi bien à Honiara, la capitale, que dans d’autres régions du pays. Ce projet s’adresse à des catégories de population fragiles, telles que les femmes et les jeunes sans emploi. Preuve de son efficacité, les participants sont à 60 % des femmes et à 53 % des jeunes entre 16 et 29 ans.

Dernière mise à jour: 19 sept. 2016

Afin de maximiser son impact sur le développement, le Groupe de la Banque mondiale continue de travailler en partenariat avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), l’Association de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), le Forum des îles du Pacifique, la Banque asiatique de développement (BAD), le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce extérieur (DFAT), l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et d’autres organismes.

Le Groupe de la Banque mondiale travaille également en étroite collaboration avec de nouvelles banques de développement, à l’instar de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), dans le but de mettre fin à la pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée. En juillet, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé le premier projet cofinancé avec l’AIIB (216,5 millions de dollars apportés par chaque organisation) : le Programme national de réhabilitation des bidonvilles, destiné à améliorer les infrastructures des quartiers informels en Indonésie. Plus de 9,7 millions de personnes pauvres vivant dans les zones urbaines du pays en ont bénéficié.

Le renforcement des partenariats axés sur le savoir, pour apporter des solutions à ses clients, demeure l’une des priorités de la Banque mondiale dans la région.

Par exemple, à l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle au Myanmar, en novembre dernier, la Banque a publié un ensemble d’analyses des politiques sous le titre All Aboard: Policies for Shared Prosperity in Myanmar (a) afin de contribuer au débat d’idées et d’encourager les discussions portant sur la croissance inclusive au moment où de nouveaux dirigeants s’apprêtaient à prendre leurs fonctions.

Le rapport intitulé Vietnam 2035: Toward Prosperity, Creativity, Equity, and Democracy (a), a été rédigé en collaboration avec les pouvoirs publics et des universitaires vietnamiens pour définir un plan visant à faire entrer le Viet Nam dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire d’ici 20 ans. Ce document a joué un rôle non négligeable dans le débat politique au Viet Nam. Il peut par ailleurs s’avérer utile pour d’autres pays qui se trouvent dans une situation similaire.

En Chine, le Groupe de la Banque mondiale a collaboré étroitement avec trois agences publiques, ainsi qu’avec l’Organisation mondiale de la santé, pour élaborer un rapport conjoint, Deepening Health Reform in China (a).

Durant l’exercice écoulé, la Banque a élargi ses partenariats à des pays membres non-emprunteurs, en ouvrant notamment un bureau à Kuala Lumpur au mois de mars. Ce nouveau bureau en Malaisie, celui de Songdo en République de Corée et le Pôle de Singapour pour les infrastructures sont destinés à produire et à diffuser des savoirs, des enseignements tirés de l’expérience et des solutions en matière de développement dans les pays de la région et à travers le monde.

Dernière mise à jour: 19 sept. 2016






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