Burkina Faso Vue d'ensemble

Le pays en bref

Le Burkina Faso est un pays enclavé d’Afrique subsaharienne, à faible revenu (615 dollars de revenu national brut par habitant en 2015) et aux ressources naturelles limitées. La population, qui croît au rythme annuel moyen de 3 %, était estimée à près de 18,11 millions en 2015 (données Banque mondiale). L’économie est fortement dominée par l’agriculture qui emploie près de 80 % de la population active. Le coton est la culture de rente la plus importante de l’économie Burkinabé, même si les exportations aurifères ont pris de l’importance ces dernières années.

Situation politique

En 2015, le Burkina Faso a tourné une page de son histoire. Un an après l’insurrection populaire d’octobre 2014, qui a contraint le Président Compaoré à l’exil après 27 ans au pouvoir, le pays a organisé des élections présidentielles et législatives. Roch Marc Christian Kaboré du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est le premier président issu de la société civile, à avoir accédé au pouvoir à la suite d’élections libres et transparentes. Le MPP a également obtenu la majorité parlementaire. Des élections municipales se sont aussi tenues en mai 2016.

Zéphirin Diabré de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), arrivé deuxième à l’élection présidentielle, est désormais le chef de file de l’opposition.

En juillet 2016, le Gouvernement du Burkina Faso s’est doté d’une nouvelle stratégie de développement énoncée dans le Plan national de développement économique et social (PNDS 2016-2020) dont le coût global est de 15 478 milliards de francs CFA (environ 26,3 milliards de dollars).

En août 2016, deux mille personnes ont été sinistrées suite aux importantes inondations qu’a subies le pays.

Le 15 janvier 2016, le Burkina Faso a également été la cible d’un attentat terroriste contre un hôtel et un restaurant de Ouagadougou qui a fait plus de 29 victimes. 

L’économie en bref

La combinaison de plusieurs facteurs dont les chocs exogènes liés à la baisse continue des cours des matières premières, la crise socio-politique traversée par le pays en 2014 et 2015 et les conséquences de l’épidémie d’Ebola dans la sous-région, a entraîné un ralentissement de la croissance économique. Le taux de croissance du PIB en termes réels s’est établi à 4 % en 2014 et 2015, soit nettement en-dessous de la moyenne de 6 % enregistrée au cours de la décennie précédente.

Ce ralentissement a eu des répercussions sur les finances publiques, avec notamment une baisse des recettes intérieures qui a conduit à une contraction drastique des investissements publics. L’attentisme des opérateurs privés après les évènements politiques d’octobre 2014 et la tentative de coup d’État de septembre 2015, se sont traduits par une diminution du volume des investissements privés. Le déficit budgétaire base engagement a été de 2,1 % en 2015 mais en base caisse, il s’est situé à 3,4 % du PIB en raison du paiement des dépenses de l’année antérieure. Ce déficit a été couvert par les appuis financiers des partenaires techniques et financiers. Au terme des deuxième et troisième revues de son programme, la Banque mondiale a notamment procédé au décaissement de 100 millions de dollars au titre de ses appuis budgétaires. Par ailleurs, en juin 2015, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé une facilité élargie de crédit. L’inflation est restée faible, à moins de 1 %.

La position extérieure du Burkina s’est améliorée en 2015 avec un compte courant qui s’est situé à 7, 7 % du PIB, contre 11,1 % en 2013. Cette amélioration résulte de la baisse des importations (suite à la chute des cours du pétrole) combinée à la hausse des exportations. Le déficit extérieur a pu être comblé grâce aux appuis extérieurs et au financement des banques commerciales.

Perspectives à moyen terme

Les perspectives de croissance pour les trois prochaines années sont positives malgré la persistance d’une conjoncture économique internationale morose, marquée par la baisse des prix des produits d’exportation (or et coton) et l’insécurité dans la sous-région. À moyen terme, la croissance économique devrait être plus soutenue, tirée notamment par les exportations minières (grâce à la mise en production de nouvelles mines), les investissements et la consommation. Elle devrait atteindre environ 5,2 % en 2016 et l’inflation devrait se maintenir en dessous du seuil de 3 % fixé par l’UEMOA.

Développement humain

On note des évolutions positives dans le domaine du développement humain: (i) la mortalité infantile a baissé, de 65 pour 1 000 naissances vivantes en 2010 à 43 pour 1 000 naissances vivantes en 2015; (ii) la mortalité maternelle est passée de 484 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1995 à 341 décès en 2010. L'espérance de vie à la naissance est de 58,6 ans (2014).

Le taux brut de scolarisation au primaire est passé de 57 % en 2005 à 86,9 % en 2014. L'accès à l'enseignement secondaire s’est amélioré passant de 20 % en 2005 à 39,7 % en 2013-2014 (premier cycle), et de 5,6 % à 14 % (second cycle). En revanche, le taux d'alphabétisation des jeunes qui était de 28,7% en 2010, est inférieur au taux moyen de l’Afrique subsaharienne qui est de 71 %.

Le taux de pauvreté a légèrement baissé entre 2009 et 2014, passant de 46 % à 40,1 %. Le Burkina Faso a gagné deux places dans le Rapport 2015 du PNUD sur le développement humain, se classant 183e sur 188 pays.

Défis du développement

Le Burkina reste vulnérable aux chocs liés aux variations pluviométriques et aux cours mondiaux de ses produits d’exportation. Son développement économique et social dépendra en partie de la stabilité politique du pays et de la sous-région, de son ouverture au commerce international et de la diversification de ses exportations. Les réformes de seconde génération portant sur la libéralisation de l’économie et la promotion de l’emploi par les petites et moyennes entreprises (PME) devraient permettre de soutenir une croissance durable. 

Dernière mise à jour: 11 oct. 2016

L'engagement de la Banque mondiale au Burkina Faso

La Stratégie de partenariat pays (SPP) entre le Burkina Faso et le Groupe de la Banque mondiale élaborée en 2013 s’achèvera fin 2016. Si dans l’ensemble, les piliers de la Stratégie ont été jugés pertinents lors de la dernière revue à mi-parcours, il faudra opérer certains ajustements pour renforcer les appuis du Groupe de la Banque mondiale au Burkina Faso et amorcer une transformation structurelle de l’économie du pays. La Banque mondiale vient de consulter différents groupes socio-professionnels et économiques Burkinabè pour établir un Diagnostic systématique du pays (SCD- qui constitue le socle analytique sur lequel le Groupe de la Banque mondiale fonde ses activités dans chacun des pays partenaires) et élaborer son nouveau Cadre de partenariat-pays (CPP).

Ce CPP devra s’aligner sur le Plan national de développement économique et social (PNDES) approuvé en conseil des ministres le 20 juillet 2016.

Le portefeuille actuel du Groupe de la Banque mondiale au Burkina Faso comprend 18 projets nationaux représentant un engagement total de plus de 1 300 millions de dollars, et 7 projets régionaux représentant un engagement de 163,80 millions de dollars.

Société financière internationale (IFC)

L'engagement actuel de l’IFC au Burkina est estimé à 52 millions de dollars finançant des projets dans cinq secteurs principaux : les mines, la finance, les assurances, l’électricité et le commerce. Il mobilise également plus de 10 millions de dollars en services de conseil.

La Stratégie de l’IFC repose sur deux piliers : (i) un appui et conseil au gouvernement pour la mise en place de mesures visant à améliorer le climat des affaires, le secteur de la santé et les partenariats public-privé ; (ii) des financements directs en faveur d’entreprises du secteur des infrastructures, de l’industrie, des services, de l’industrie agroalimentaire et des établissements financiers.

L’IFC accompagne le développement des PME au Burkina par le biais de financements et de garanties accordés aux établissements bancaires. Elle appuie également le gouvernement dans la mise en œuvre de réformes destinées à améliorer le climat des investissements.

L’IFC soutient en outre le développement du secteur sanitaire avec l’Initiative pour la Santé en Afrique (HiA), en se concentrant particulièrement sur le secteur privé de la santé.

Dernière mise à jour: 11 oct. 2016

La Banque mondiale a contribué au développement du Burkina en soutenant avec succès les secteurs suivants :

Secteur du développement rural

La troisième phase du 2e Programme national de gestion des terroirs (PNGT2-3) a pour but de renforcer les capacités institutionnelles des communautés locales et de favoriser la décentralisation. Cette phase a été rendue possible grâce aux dons de la Banque mondiale (70 millions de dollars) et du Fonds mondial pour l’environnement (FEM-7,71 millions de dollars). Au cours de ces dernières années, le PNGT est devenu un véritable exemple de développement endogène.

Secteur des transports

 Un projet du secteur des transports d’un montant de 108 millions de dollars, clôturé en mars 2013, a entre autre réhabilité 3 336 km de routes en terre et créé 3 864 emplois temporaires dans le cadre de travaux publics à haute intensité de main-d’œuvre.

Secteur minier

Le Burkina bénéficie du statut de pays « conforme à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). » Le Projet d’appui au développement du secteur minier permettra au pays de renforcer ses compétences nationales pour mieux suivre et évaluer les activités du secteur minier afin de s’assurer que ses revenus profitent au pays.

Secteur de l’eau et de l’assainissement

Un projet de 80 millions de dollars approuvé en mai 2009 soutient les efforts du gouvernement pour atteindre les Objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement urbain. Un financement supplémentaire vient d’être approuvé pour permettre de mieux sécuriser les services d’eau et d’assainissement à Ouagadougou, et d’améliorer l’accès des pauvres à ces services de base.

Secteur du développement urbain

Un projet de 10 millions de dollars a aidé le gouvernement à préparer les plans d’aménagement de 12 capitales régionales et de renforcer leurs capacités de mobilisation de ressources et de planification urbaine. 

Secteur de l’éducation

D’un montant initial de 5 millions de dollars, auquel est venu s’ajouter un financement additionnel de 10 millions de dollars, le projet de financement de l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2IE) mis en œuvre d’avril 2009 à mai 2015, a permis de soutenir le développement de 2IE, d’en faire un centre d'excellence régional et d’augmenter le nombre de professionnels qualifiés dans les domaines de l'eau, l'énergie, l'environnement et de l'ingénierie des infrastructures.

Dernière mise à jour: 11 oct. 2016

Le gouvernement coordonne l’action des bailleurs de fonds et a créé des Cadres sectoriels de dialogue (CSD). Le Plan d’action national pour l’efficacité de la coopération au développement a remplacé le Plan national pour l’efficacité de l’aide. Cet ajustement technique est intervenu après le Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui s’est tenu à Busan en 2011. 

Dernière mise à jour: 11 oct. 2016


FINANCEMENTS

Burkina Faso: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA