Bénin Présentation

Le pays en bref

Bordé à l’ouest par le Togo, à l’est par le Nigéria, et au nord par le Burkina Faso et le Niger, le Bénin recensait environ 10,9 millions d’habitants en 2015. Des réformes économiques et structurelles importantes, appuyées par ses partenaires, lui ont permis de maintenir une croissance soutenue au cours de la décennie écoulée.

Contexte politique

Le Bénin continue de bénéficier d’un régime démocratique et stable. Depuis la fin du régime marxiste-léniniste, en 1989, le pays a organisé six scrutins présidentiels, sept élections législatives et trois élections locales, qui se sont déroulés pacifiquement. Le scrutin présidentiel de mars 2016 s’est soldé par la victoire de Patrice Talon, un homme d’affaires multimillionnaire ayant fait fortune dans la filière du coton. Dès le début de son mandat en avril 2016, le nouveau gouvernement a lancé d’importantes réformes politiques et institutionnelles pour améliorer la gouvernance et la politique économique du pays. Ses principaux objectifs étant de renforcer la démocratie, réduire la pauvreté et d’attirer les investissements. 

Situation économique

Le taux de croissance du PIB réel devrait baisser en 2016 pour atteindre 4,6 %. Après avoir progressé de 4,6 % à 6,9 % entre 2012 et 2013, la croissance avait fléchi à 6,5 % en 2014 pour atteindre 5 % en 2015. Cette baisse tient principalement au ralentissement des activités de réexportation vers le Nigéria et à une production agricole plus faible.

La production de coton, qui représente 5 % du PIB et 27 % des exportations a baissé de 400 000 tonnes à 300 000 tonnes entre 2015 et 2016. En outre, le ralentissement de l’économie nigériane et de manière indirecte, la dépréciation de sa monnaie (le naira), a entraîné une diminution de la demande des réexportations en provenance du Bénin.

En dépit du déclin de son activité économique ces derniers mois, le Bénin a enregistré l’un des taux de croissance du PIB les plus élevés parmi les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sur la période 2011-2015. L’inflation devrait s’élever à 0,3 % en 2015 et se maintenir en dessous de 3 % en 2016. En règle générale, le Bénin parvient à maintenir son taux d’inflation au-dessous de la limite de 3 % imposée par l’UEMOA. Après avoir atteint un pic de 6,8 % en décembre 2013, celle-ci a baissé à 1% en 2013 et -1,1 % en 2014.

Situation sociale

Le Bénin reste un pays extrêmement pauvre en dépit de taux de croissance annuels modérés, situés entre 4 et 5 % depuis deux décennies. Le taux de pauvreté à l’échelle nationale était de 37,5 % en 2006 ; 35,2 % en 2009 ; 36,2 % en 2011 et de 40,1 % en 2015. Les ménages dirigés par une femme s’en sortent comparativement mieux (28 % sont pauvres, contre 38 % pour les ménages dirigés par un homme), même si les femmes sont plus vulnérables et continuent d’être pénalisées par un manque d’accès aux opportunités économiques. Elles sont aussi sous-représentées dans les postes à hautes responsabilités. Les secteurs de l’éducation et de la santé représentent encore une part conséquente des dépenses publiques (en moyenne, 23 et 7 % respectivement alloués chaque année à ces secteurs). Le gouvernement doit s’efforcer de mieux gérer ces deux secteurs et d’améliorer l’équité dans ses transferts financiers alloués aux régions.

Enjeux de développement

Le Bénin est exposé à un certain nombre de chocs exogènes, au premier rang desquels figurent les conditions météorologiques, les fluctuations des termes de l’échange (prix du coton et du pétrole) et la situation au Nigéria. Ses perspectives pour 2016 sont ainsi assombries par la chute des cours internationaux du pétrole, dont le Bénin subira indirectement les effets à travers la baisse de la croissance nigériane. Le pays est également sensible aux choix de politique commerciale du Nigéria, puisqu’environ 80 % des importations béninoises sont destinées au marché nigérian dans le cadre d’un commerce transfrontalier informel. Un autre facteur de vulnérabilité découle des engagements conditionnels liés à l’encadrement du secteur du coton par l’État.

L’État va devoir accélérer les réformes destinées à réduire la pauvreté. Pour éviter le risque de surendettement, il devra s’assurer de recourir à des plans de financement hautement concessionnels pour développer  les investissements. Le Bénin doit également se doter d’un cadre réglementaire pour encourager des partenariats public-privé. L’optimisation du recouvrement des recettes intérieures, la restructuration du système de contrôle financier, l’amélioration de la gouvernance des structures administratives indépendantes et le renforcement des systèmes d’information comptable et budgétaire font partie des axes prioritaires de réforme identifiés dans le rapport d’évaluation financière et de gestion des finances publiques de 2015.

Dernière mise à jour: 28 sept. 2016

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Bénin

La stratégie de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec le Bénin (a), qui couvre la période 2013-2017, repose sur trois grands piliers : i) la gouvernance et le renforcement des capacités du secteur public ; ii) la croissance durable, la compétitivité et l’emploi ; et iii) l’accès aux services sociaux essentiels et l’insertion sociale. Actuellement, le portefeuille comporte 14 projets nationaux représentant un engagement total de 575,34 millions de dollars auxquels s’ajoutent 63,3 millions de dollars provenant de six fonds fiduciaires. Ces projets ciblent les secteurs suivants : appui budgétaire, développement urbain, développement local, environnement, télécommunications, emploi des jeunes, santé, nutrition, renforcement des capacités, énergie et transport régional.

Société financière internationale (IFC)

La stratégie actuelle de l’IFC pour le Bénin s’articule autour des axes suivants : i) établir des partenariats avec des intermédiaires financiers pour améliorer l’accès aux financements pour les entreprises ; ii) aider les institutions financières à renforcer leurs capacités afin de développer le secteur financier et stimuler l’activité ; iii) appuyer le développement des infrastructures pour attirer les investissements (dans les activités portuaires, le secteur de l’électricité et des télécommunications) ; et iv) renforcer le climat de l’investissement en collaboration avec la Banque mondiale.

Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)

Le portefeuille actuel de la MIGA au Bénin comprend trois investissements dans les secteurs du tourisme, des télécommunications et des services, qui totalisent des engagements bruts de 8,5 millions de dollars.

Dernière mise à jour: 28 sept. 2016

Le Groupe de la Banque mondiale a contribué au développement du Bénin dans les secteurs suivants :

Santé

Le Projet de renforcement de la performance du système de santé (44 millions de dollars), lancé en septembre 2011 dans l’objectif d’élargir la couverture des services de santé maternelle, néonatale et infantile, cherche également à renforcer les capacités du ministère de la Santé. Toujours en cours d’exécution, cette opération enregistre des progrès réguliers, avec un taux de décaissement de 70 % en mars 2016. Son volet principal appuie une stratégie de financement aux résultats déployée dans huit des 34 districts sanitaires du pays. La plupart des indicateurs ont dépassé leur objectif tandis que les autres sont sur la bonne voie.

Grâce à cette approche, des améliorations sensibles de la qualité des soins ont été recensées dans tous les établissements couverts par le projet. Le taux de visites prénatales conformes aux normes de qualité a dépassé 30 % (pour un niveau de référence de 5 % en 2010 et un objectif final de 25 %). La disponibilité du personnel de santé, de médicaments essentiels et d’équipement est elle aussi en progrès. Une enquête associant une analyse de données quantitatives et qualitatives, réalisée en 2015 a révélé que la disponibilité moyenne des médicaments essentiels dans les huit districts du projets s’élevait à 78 % ; celle du matériel médical essentiel était de 71 % (pour un objectif de 80 %) et du personnel soignant de 86 %. Une autre enquête a recueilli des indicateurs quantitatifs et confirmé la nette amélioration des performances dans les districts concernés. Ainsi, dans ces huit districts, le taux de vaccination est passé à 86 %, alors qu’il n’est que de 40 % dans le reste du pays.D’autres initiatives novatrices sont en cours d’introduction afin de renforcer l’impact de ce projet sur la santé de la population, comme le fait de sous-traiter des services à des établissements privés et aux communautés afin d’élargir la couverture santé.

Compte tenu de ces succès, l’approche du financement basé sur la performance a été élargie à l’échelle nationale, grâce au soutien financier du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination. La Banque mondiale joue un rôle clé pour harmoniser la délivrance de cette aide.

Agriculture

Le Projet d’appui à la diversification agricole (PADA) (a), qui bénéficie d’un financement de la Banque mondiale (31 millions de dollars) et du Programme d’intervention d’urgence contre la crise alimentaire mondiale (15 millions de dollars) a été mis en place en 2012 dans le but d’aider le Bénin à redresser et améliorer la productivité et les performances des filières du riz, de l’aquaculture, de l’ananas et de la noix de cajou. En mars 2016, le nombre total de ses bénéficiaires directs s’élève à 130 376 personnes, dont 33 % de femmes. Les 124 micro-projets (dont 22 sont dirigés par des femmes) soutenus par un mécanisme de financement concurrentiel et de subventions équivalentes affichent des résultats intéressants dans l’ensemble des filières concernées. Des petits systèmes d’irrigation ont ainsi été remis en état ou construits sur 12 184 hectares, contre un objectif initial de 9 000 hectares, avec à la clé un effet positif sur les rendements et la production. En outre, le projet a financé la construction de 119 entrepôts, dont 90 sont déjà terminés. Enfin, il dispense actuellement des formations ciblées aux agriculteurs dans le but de généraliser le recours à des technologies améliorées et d’augmenter ainsi la productivité dans les filières sélectionnées.

Dernière mise à jour: 28 sept. 2016

L’Union européenne, la Banque africaine de développement (BAfD), les organismes des Nations Unies, les donateurs bilatéraux, le Groupe de la Banque mondiale et le FMI sont les principaux partenaires du Bénin. Des créanciers moins traditionnels, comme la Chine et la Banque islamique de développement, sont aussi de plus en plus actifs. Des missions conjointes annuelles des principaux bailleurs de fonds qui fournissent un appui budgétaire sont organisées depuis 2004. Elles assurent le suivi de la mise en œuvre des principales réformes structurelles et sectorielles, avec notamment la signature d’un protocole d’accord en décembre 2007 sur l’harmonisation de l’aide. Au niveau sectoriel, le gouvernement béninois et les bailleurs de fonds effectuent des examens réguliers conjoints dans les secteurs primordiaux de l’approvisionnement en eau en milieu rural, de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, du transport et de la justice.

Dernière mise à jour: 28 sept. 2016


FINANCEMENTS

Bénin: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA